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Paris, rue Berthe dans le 18ème arrondissement. Une petite rue pentue et étroite, typique de Montmartre, somme toute classique, et pourtant. Elle n’a rien d’extraordinaire à première vue, et c’est sans doute pour ça qu’elle nous attrape. Berthe ne cherche pas à séduire. Elle attend.
Berthe, c’est une personne. Une vieille âme parisienne, née officiellement en 1873, baptisée du prénom de la fille d’un riche investisseur, mais façonnée bien avant dans le tumulte de la butte. Avant même d’être parisienne, elle était déjà montmartroise, rattachée à Paris en 1860.
Sous ses façades sages, Berthe a vu passer du monde. Des gens modestes, des artistes sans-le-sou, des voisin·es discret·es, des rêveur·euses, des noctambules. On imagine facilement Zola y faire passer un de ses personnages. Berthe n’est pas une héroïne flamboyante, elle est le témoin silencieux.
Et pourtant, quelle vie. Berthe a connu le scandale. Elle a abrité l’un des tout premiers cabarets de travesti·es de Montmartre, bien avant que le mot ne devienne politique ou revendiqué. À une époque où Paris oscillait entre fascination et répression, ces scènes clandestines ont vu naître des figures majeures du spectacle, des corps libres. Berthe a participé, à sa manière, à inventer la nuit parisienne, celle qui mélange le genre, le théâtre et la désobéissance euphorique. On n’est pas si loin du futur Moulin Rouge, ni de l’esprit de Toulouse-Lautrec, qui aurait très bien pu traîner son regard ici, carnet en main.
Mais Berthe n’a jamais été qu’un refuge bohème. Elle a aussi connu la violence de son siècle. Un attentat anarchiste en 1889, dans ce Paris fébrile de l’Exposition universelle, quand les idéaux explosent autant que les bombes. Un vol sordide en 1893, une sexagénaire dépouillée. Un pharmacien qui se suicide en 1912, drame silencieux, porte close, volets tirés. Berthe accumule ces histoires sans les juger. Elle observe.
Nous aimons penser que Berthe se souvient de tout. Et nous, aujourd’hui, en marchant ici, en la dessinant, en l’écrivant, nous faisons partie de son histoire. Discrètement. Comme elle.
DESCRIPTION
Finition mate : surface lisse et antireflet.
Qualité premium : papier 200 g/m² (épaisseur 0,26 mm).
Éco-responsable : papier certifié FSC, issu de sources durables et respectueuses de l’environnement.
Cadre non compris (il faut partir à sa recherche).

